L'enseignement comme travail de terrain

Paragraphe 1 : Hughes part enseigner à l'Université McGill de Montréal, au Canada, pays où la sociologie est une discipline nouvelle.

Paragraphes 2 et 3 : Hughes a pour collègue le Pr Dawson, pasteur baptiste, qui a lui aussi fait ses études à Chicago avec Small et Park.

Paragraphe 4 : Hughes envisage le Canada comme un terrain d'observation et considère ses étudiants comme objet d'observation pour mieux connaître ce pays.

Paragraphe 5 : Les étudiants de Hughes sont en sociologie par second choix.

Paragraphe 6, 7 et 8 : Hughes subit avec un léger étonnement les préjugés associés aux identités culturelles spécifiques à chaque pays : ils découvrent sa nationalité à travers le regard des autres. Ainsi il remarque que ce sont souvent les plus petites différences culturelles qui ont souvent la plus grande importance dans la symbolisation des identités culturelles.

Paragraphe 9 : Hughes, intéressé par le Canada francophones mais étant entouré de canadiens anglophones, étudie l'attitude des ces derniers envers leur compatriotes francophones.

Paragraphe 10 : Hughes fait travailler ses étudiants sur des textes canadiens, concernant leurs communautés : ainsi il encourage ses étudiants à parler de leur quotidien.

Paragraphes 11, 12, 13 : Se confesser à leur professeur permet aux étudiants d'envisager leur histoire personnelle dans une généralité plus vaste (on peut ici parler d'un intérêt pour l'interviewé). Ainsi Hughes favorisa l'émancipation de ses étudiants par le biais de ses cours de sociologie : ils s'ouvrent au monde et se découvrent sous un regard différent.

Paragraphes 14, 16 et 17 : Hughes utilisa les expériences de ses étudiants pour bâtir avec eux un cours sur les interactions entre professionnels et clients, et ils observèrent que quelles que soient les interactions entre ces deux partis une certaine distance doit être préservée, que les rôles de chacun sont clairement définis et que la formation peut amener le professionnel à préférer un certain type de clients.

Paragraphes 15 et 18 : Hughes utilise les expériences de ses étudiants car il estime que leur vision d'un objet d'étude est différente de celle de l'enseignant, et est donc enrichissante pour la recherche. Il ne ferme donc pas son cadre d'étude pour permettre la libre association d'idées de ses étudiants, et ainsi faire de l'enseignement un vrai terrain d'enquête puisqu'à travers ses élèves il observe les différents aspects de l'objet d'étude.

Paragraphe 19 : Hughes souligne l'importance de l'échange d'informations nouvelles entre enseignants et étudiants car tous ont une vision différente, des cas différents à soumettre à l'étude. Cela offre un apprentissage réciproque.

Paragraphes 20, 21 et 22 : Hughes a vécu et a observé les études Universitaires comme une quête de l'émancipation des étudiants par rapport à leur milieu social d'origine ; une recherche de recul et des connaissances nécessaires à la réflexion critique qu'exigent les sciences sociales, et ainsi pouvoir se mouvoir entre les différents univers sociaux. Ce n'est pas l'unique apprentissage que doivent faire les sociologues, mais il est un passage important.

Paragraphes 23 à 29 : Hughes observe cependant un changement dans la manière dont les " nouveaux " étudiants perçoivent les études universitaires : étudiants et enseignants ne vont plus vers l'émancipation, ils perçoivent les études comme un moyen d'obtention des diplômes exigés par le monde économique. C'est devenu pour beaucoup une obligation, une répression puisque lorsqu'ils ne peuvent obtenir de diplômes, leurs projets d'avenir sont bloqués. L'émancipation, l'esprit critique, la connaissance, ne sont plus les " objectifs " des étudiants. Il y a donc opposition entre la vision qu'ont enseignants et étudiants de l'Université. Ainsi l'idée de Hughes d'un travail de terrain commun aux enseignants et à leurs étudiants n'est, selon lui, plus d'actualité.